Lambeaux de mémoire Shreds of memory

Pieds meurtriers Murderous feet

Préface Foreword

Cette histoire est inhabituelle. Cette fois, le ou les meurtres sont prouvés avec un dossier criminel. Mes doutes sur ma mémoire se dissipent car, après avoir contacté la GRC locale avec certains détails de l'histoire, la police m'a mentionné un détail important qui a déclenché une petite avalanche de souvenirs immédiatement avec des déboulements pendant quelques jours. Comment est-il possible que j'aie oublié tant de choses si mémorables? La réponse m'est venue un jour (autre sujet d'histoire): je me suis souvenu avoir subi des traitements aux électrochocs. Mom (ou une femme lui ressemblant ou jouant pour elle) avait convaincu un spécialiste de me traiter de la sorte. Moi-même, je n'ai pas cru possible d'effacer les souvenirs et avoir voulu essayer pour voir. Ils ont fait des traitements et chaque fois je me souvenais quand même trop. Alors, ils en ont fait plus. Et je me souviens même, et c'en est drôle, d'avoir eu le cerveau vide au point de ne pas reconnaitre mes parents ni même mon frère. C'est drôle car après avoir fait tant d'efforts pour me faire oublier, ils étaient contrariés et ont dus faire des efforts pour me convaincre que je les connaissais. Ceci s'est passé dans mon adolescence, après les pires histoires racontées dans ce site. Il est même possible que les électrochocs aient étés appliqués chaque année. À 16 ans, je n'avais que quelques souvenirs qui étaient attachés à mon album de photos. Mom m'aidait à me resouvenir de choses à l'aide des photos.

Pour en revenir à l'histoire de cette page, j'ai plus récemment côtoyé les personnes impliquées sauf une (la morte), sans vraiment me souvenir. Le principal acteur était pratiquement un ami et il pratiquait mon sport préféré. Je trouvais qu'il avait un air familier et me doutais de quelque chose mais quoi? Ses dents manquantes me disaient quelque chose, mais quoi? Pire encore, quelqu'un est même venu me rappeler qu'il avait essayé de me tuer! Vu qu'il développait le site de mon sport estival (vol libre), j'avais répondu que ce n'était pas le moment de lui faire du trouble. Mon cher «copain de vol» agissait quand même étrangement par moment. Il criait à l'occasion comme si j'avais dit quelque chose de choquant. J'avais déduit qu'il jouait la comédie pour les voisins de l'attéro (ça se passait à l'attéro la plupart du temps). Mais autrement, il était pratique et gentil. Une fois, il semblait vouloir dire qu'il avait tué une personne sans foyer («a vagrant»). Ça m'a fait penser à un touriste disparu qui avait été retrouvé mort dans une rivière pas loin...
L'acteur secondaire est encore vivant et il se trouve à avoir pris la place du principal acteur comme responsable du site de vol. Un jour, il y a trois ou quatre ans (j'ai l'année écrite quelque part), alors que j'avais commencé à me souvenir de cette histoire, il m'a dit un détail que seuls les deux mecs présents pouvaient savoir au sujet du meurtre. De plus, il a ajouté le nom du principal acteur. Là, plus de doute possible. J'ai commencé à vouloir contacter la police pour qu'un minimum de justice se fasse, puisqu'il était prêt à parler. Il semble avoir nié à la police mais avoir avoué à certains amis. C'est en suspend mais j'aimerais qu'il dise au moins où et quand exactement le (ou les) meurtre a eu lieu.

Ben voilà, les souvenirs fortement ancrés dans ma mémoire peuvent me revenir avec de l'aide et des efforts. Mais beaucoup de petits détails peu importants à la narration semble résister. Ma mémoire qui me semblait si mauvaise, semble en fait excellente pour avoir survécue autant. Voici donc une histoire de meurtre des plus scabreuses. Je dois vous avertir. C'est une des plus sanguinaires.

to come.

Lambeau 1 Shred 1

Mes parents se chicanent encore et on dirait que c'est à mon sujet. J'entend des «il va mourir pour vrai» et «tu sais bien qu'il ne meurt jamais», «ça marchera pas» et autres choses dans le genre.
Plus tard, mon père me propose de me montrer comment avoir le dessus sur quelqu'un de fort, un adulte même. Il s'agit d'une «clé de bras». Il me convainc de le laisser faire en acceptant la condition de s'arrêter quand je lui dis. Il m'en fait une et c'est bien pénible et impossible de se défendre avec ça. À mon tour de lui en faire une. Il semble souffrir et crie de douleur mais je suis sceptique. Je pousse au plus fort pour voir si ses cris corrèlent avec la force appliquée. Ça semble vrai.

Lambeau 2 Shred 2

C'est une journée d'été chaude au ciel bleu et au soleil cuisant. J'aime explorer les coins isolés du village. Il y a toujours des choses intriguantes. Je sors d'un sentier et me retrouve devant un espace dégagé. Plus loin dans cet espace je vois trois mecs, un normal, un mince et un barbu grassouillet. Je regarde de loin pour juger du risque. Ils sont étranges. Le normal et le barbu semblent discuter et puis le barbu s'étend par terre. Je sors pour qu'ils me voient. Tout de suite, le normal (appelons-le «P») donne la main au barbu pour le remettre sur ses pieds. P me fait signe d'approcher avec un sourire. Je m'approche prudemment et demande ce qu'ils font comme ça et pourquoi l'autre se couche par terre. P me prend le poignet. Il ne me lâche pas. Je tire mais il me tient très serré. Il me dit que si je saute sur le barbu cent fois, il va me relâcher. Incroyable, jamais le mec va vouloir. Mais non, il veut. Il s'étend encore par terre et moi je dois lui monter dessus pour sauter cent fois. Mais ce n'est pas stable. Le mince (appelons-le «S») me tient l'autre bras. Les deux me lèvent et me redescendent comme pour me faire sauter dessus l'autre. Je fais super attention pour ne pas lui faire mal. C'est mou et instable et je perd pied quelques fois. Les deux me tiennent bien alors pas de problème. Puis je ne sens plus le bras que P tient. Je crie horrifié pensant que mon bras est tombé. (Je devrais savoir mais je ne suis pas certain quel bras tient P.) P me secoue et je lui dit que je ne peut pas continuer si je ne sens pas mon bras. J'insiste en criant. Il me le prend plus loin de l'épaule, au poignet et au-dessus du coude. Je vois qu'il a la frousse que je me libère, ce que j'entend faire. Mais il me tient vraiment solidement. S est moins effrayé et ne me tient pas très fort. Je sais que je peux me libérer de lui mais pas de P. Le soleil tape de plus en plus fort et avec l'exercice, je commence à avoir une grosse soif.
Je glisse plus un coup et me sent patraque. Je tombe dans les pommes. P me secoue pour me réveiller et soudain je crois que je rêve ça. Un cauchemar. J'ai la tête qui tourne un peu. Mais je me souviens que «si tu meurs en rêve, tu meurs pour vrai», alors je fais attention.
J'essaye de savoir, entre les sauts, de quoi il retourne. Je suis certain que le barbu va se faire tuer alors j'essaye de savoir pourquoi ils voudraient sa mort. Je lui crie de parler français. Il est surpris et trouve le moyen de comprendre et vient pour dire quelque chose. À ce moment précis, je suis secoué et tombe. Seul P me tient. S m'a échappé. J'essaye de me sauver mais P me tient tellement fort que j'en ai mal. Faut que je continue à sauter. S me reprend «son» bras, et ils me remettent dessus le barbu. Je le regarde pour si je lui ai fait mal en tombant et je vois sa tête sur un côté et il semble avoir de la difficulté à respirer. Je comprend qu'il a le cou brisé. Entre deux sauts, je met mes pieds des deux côtés de sa tête pour la lui remettre droite. Après deux ou trois sauts, c'est fait. Je vois qu'il respire maintenant. Je lui dit que c'est fait, il va mourir et il a peu de temps pour dire qui peut vouloir le tuer. Il ne peut plus parler que quand il exhale et ça semble long. Juste au moment où il va dire quelque chose, P lui flanque un coup sur la poitrine. C'est un rêve de meurtre, pas de doute, mais ce n'est pas moi qui meurt. P continue et le barbu, qui a perdu les sensations de son corps, ne souffre pas. Sauf peut-être au moment où les coups de P font de sa bouche une fontaine de sang. Une image écoeurante et comique à la fois. Le barbu a un air désespéré pour la première fois et un air de vie qui s'éteint lentement. Durant tout ce temps, le sang se répand sur la poitrine devenant concave du pauvre mec. Je fais des écarts de jambes pour ne pas toucher ses parties sanglantes avec le pieds.
P a un air excité et concentré sur son travail macabre, mais que fait S? Il semble ailleurs et ne pas voir ce qui se passe. Je le force à se baisser la tête et il voit la poitrine défoncée du barbu. Il prend un air surpris et un peu horrifié. Je vois qu'il ne savait pas le but de l'exercice qui pourtant me semblait évident au départ. Alors je parviens à me libérer de lui facilement et je me libère de P aussi. Je suis en ta...
Je me place derrière P rapidement et saute sur lui. Je m'accroche au dessus de ses hanches avec mes jambes et lui attrape un bras que je m'empresse de lui mettre derrière le dos. C'est fait, la clé de bras bien apprise. Il veut se libérer mais je pousse plus pour l'immobiliser. Je lui dit de regarder ce qu'il a fait au barbu. «Plus proche!» que j'ordonne. «Plus proche et plus bas!» avec une poussée sur le bras. Il souffre, il obéit. Et ceci au point de tomber la face dans la concavité de la poitrine du barbu qui se remplit de plus en plus de sang. «Ne bouge plus!» Le sang monte assez qu'il pourrait s'y noyer ma parole! Je crois que c'est gagné, je vais tuer le tueur au pied. Mais je suis renversé par S qui me retient.
Renversé est le mot. La situation est inversée rapidement. P me tient les deux poignets avec une main et me pousse maintenant la tête où la sienne était une minute plus tôt. Le sang continue à monter et je n'ai pas le choix de boire le sang pour avoir de l'air. Je bois goulument mais il y a trop de sang. Et puis, un morceau de chair ou de vêtement m'empêche de boire. Le nez et la bouche dans le sang, je ne peux plus respirer. Je perd la vision mais je sens et entend encore. Il ne me lâche pas. Mon coeur s'arrête. Mon corps devient mou. Je vais mourir. P me chatouille. Je n'ai aucune réaction. J'entend des pas qui s'éloignent. Je suis laissé là. Je suis mort.

Lambeau 3 Shred 3

Est-ce que j'entend des pas qui reviennent? Vais-je me réveiller du cauchemar dans mon lit? Quelqu'un de fort me ramasse par les jambes et me fait passer par dessus son épaule. Ce n'est pas P (appelons-le W). W me transporte comme une poche de patates. La tête en bas, je vomis tout le sang avalé. Je commence à voir. Je commence à sentir mes mains. J'essaye de lui taper le dos. Aucune force. J'essaye d'accrocher le bas de son gilet. Mes doigts répondent à peine. Il se penche. Il va me jeter par dessus bord. J'accroche son gilet mais ça le contrarie. Il force plus. Je laisse aller un peu et m'attend au pire. Je suis jeté violemment sur une surface dure et le derrière de ma tête frappe le sol avec force. Je tombe presque dans les pommes dans un éclair blanc. Je suis aveugle. Je dois me retourner. Face au sol, je récupère un peu. La vision revient peu à peu. Je peux bouger les jambes et bras un peu. Je reprends mon souffle par terre. W revient bientôt avec l'autre cadavre qu'il dépose sans ménagement près de moi. Il me voit et me force sur le dos. Je le laisse me mettre sur le dos mais le derrière de ma tête fait mal et tout devient blanc encore. Je me remet difficilement face au sol et essaye de dire «pas mort... moi vivant». D'une voix rèche, je l'entend dire «well, there is one not quite dead». Lentement, je reprend des forces. Il m'offre de l'eau. Ouah! Quelle soif!
J'essaye de lui dire que le meurtrier n'est peut-être pas loin. Faut s'en aller. Mais il ne comprend pas le français. J'essaye de lui expliquer du mieux que je peux mais rien à faire. Puis, que vois-je? P, revenu! Pire! W et P se parlent comme s'ils se connaissent. P parle français et une discussion commence pour savoir quoi faire. P dit que tout va bien aller si je m'étend sur le chemin de gravier. Il demande à W de partir pour tout régler. Je suis d'accord avec P. Je sais ce qu'il veut faire. Je bouge lentement pour avoir plus de temps pour récupérer. Je m'étend sur le sol et essaye mes muscles abdominaux pour savoir s'ils répondent bien. Oui, ça va aller. Alors je dois me mettre sur le dos perpendiculaire au chemin. P, lui, se place à quelques pas. Il me dit de m'étendre et de fermer les yeux. Je lui dit qu'il est trop proche. Je lui dit d'aller deux fois plus loin. Il va plus loin mais refuse d'aller passé un point. Il me dit de me préparer, me mettre sur le dos avec les yeux fermés. Je m'arrange pour que ma tête ne touche pas le sol car sensible et douleurs là. J'essaye mes abdominaux. Oui, je suis prêt.
Il commence sa course. Il arrive de ma gauche. J'entend chaque pas qui accélère. Je garde les yeux fermés et un pas avant de me frapper, je me relève le corps et la tête surtout. Je sens le vent de son pied derrière ma tête et me relève avec encore de la difficulté. Lui, je l'entends sacrer tous les sacres dont je ne connais pas la signification. Mais, quoi? Il est encore là par terre à sacrer et presque se plaindre. Ma chance! Je prend un élan et saute pour lui servir sa médecine. Mais il se retourne suffisamment pour que je tombe sur son côté. Je donne un coup de talon pour frapper plus fort et c'est son bras gauche (je crois) qui accuse le coup. À cause de l'angle et du roulé, je tombe et sens bien que je n'ai pas encore bien récupéré. Mais P, au lieu de me sauter dessus, continue de gémir. Je lui ai peut-être cassé un os après tout.
Remis debout. Et P aussi. W revient entendant ces bruits. Une discussion s'ensuit où il semble que W ne s'occupe que des morts. Ils en viennent à me demander si j'allais me venger. Je leur jure que non, s'ils me laissent vivre, je ne vais pas me venger. Ils semblent vouloir en rester là. Pour le moment... P s'en va tout de suite.

Lambeau 4 Shred 4

Seul avec W, je marche sur le chemin vers le village. Je suis petit et marche plus lentement. Toujours avec l'impression d'être dans un rêve, avec des douleurs à la tête et un peu partout, je claudique un peu. W veut aller plus vite et me devance lorsque je vois un sentier à gauche. Je n'ai pas trop confiance en W et P peut revenir. Alors, je me faufile dans le sentier et hors de vue, je cours mais en courant je perd la vue. Je dois m'arrêter tout de suite. En quelques secondes, ma vue revient comme un fondu-enchaîné du blanc total vers l'image. Le mec va sûrement me courir après. Pas le choix, trouver une cachette vite. À droite, un coin noir dans le bois. Je m'y cache et attend. J'attend. Ben quoi, il me laisse me sauver? Au moment où je viens pour sortir du trou, je le vois qui marche vite mais sans bruit dans le sentier. J'attend dans mon coin noir pour voir. Après une couple de minutes, il revient aussi sans bruit avec un air inquiet. Ouf! J'attend une bonne minute avant de sortir et continuer mon chemin sur le sentier.

Lambeau 5 Shred 5

[Lambeau avec la police est mis ici mais l'ordre est incertain.]
La police est stupide. Il me demande les mêmes questions. Je répond mais il ne veut pas croire et redemande les même choses. Après un temps, je m'en lasse et me repose la tête sur la table entre mes bras. Je veux dormir.
Ils me sortent du local fermé et je suis sur un plancher surélevé sans gilet pour une photo. Un policier est plus bas avec une caméra et je lui fait un grand sourire, pour la photo. [On m'a montré cette photo des années plus tard et on voit de grosses echymoses sur mon bras tenu par P. Il serrait fort.]

Lambeau 6 Shred 6

Je suis avec une femme qui me lave la tête. Mais elleme fait soudain mal et je lui donne un coup. «Faut faire très attention à l'arrière de ma tête!» que je crie. On me change de place et me rince plutôt au jet de douche. «Très doucement.» dis-je.
Tout se passe mieux et après un temps elle dit: «On the voit l'os!
- Quel os ?
- L'os de la tête!... Ta peau est coupée!
- Ça peut ben me faire mal.
- Haaaa! (elle s'arrête brusquement)
- On voit ton cerveau!
- Hein? Ça se peut pas.
- Ben oui, regarde. (elle me montre avec un miroir à main et un miroir mural.)
- !!! Et ben, j'ai vraiment un cerveau. » Elle crie à l'autre de venir voir et elles décident qu'il faut que j'aille à l'hôpital ou voir un docteur pour recoudre ça sinon je pourrais mourir. Je pense que ça fait déjà deux fois aujourd'hui que je passe proche de mourir, même que j'étais mort pendant plusieurs minutes.

Lambeau 7 Shred 7

On m'a recousu et je suis encore en vie. Je porte comme un casque de hockey sur la tête. J'entend dire que les mecs veulent encore me tuer. J'informe que on avait conclu un entente comme quoi si je ne me venge pas, ils me laissent vivre. Mais on me dit qu'ils ont peur, etc. On m'a placé dans un petit lit dans une petite chambre à l'étage le plus haut de la maison pour dormir. J'y reste la majeure partie du temps. S'il veulent me tuer encore et toujours, je pense qu'il faut leur en laisser la chance. En autant que moi j'aie la chance de les tuer aussi. J'ai une idée. Il faut me trouver un soulier droit très dur.
On me fait essayer des souliers durs de toutes sortes mais aucun ne fait l'affaire. Puis, quelqu'un pense à un soulier avec un bout en métal. Quoi? Ça existe? Ben oui, ce serait parfait. Mais des souliers comme ça sont tous pour adultes. Trouvez le plus petit du genre et on peut l'arranger.
Ce fut fait et me voilà bientôt dans le lit avec ce soulier trop grand, bien rembourré et enrubanné pour être solide au pied. Une nuit vient éventuellement comme ça avec mon pied bien placé. Et j'entend un mec monter l'escalier sans faire de bruit (ou presque). Il ouvre la porte. Il s'approche lentement. Il met ses mains autour de mon cou. Il est en parfaite position. Je sors mon pied armé, prend un bon élan, et lui flanque un bon coup sur la tête! Il s'effondre au pied du lit. J'attend. Plus un bruit. Je m'approche lentement du bord, regarde, et le voit par terre sur le dos, endormi ou mort? Je pense sortir du lit pour l'écraser et être sûr mais que fera-t-il s'il se réveille avant? Je me dis que je lui donnerai un autre coup s'il n'est pas mort et qu'il s'essaye encore. Et puis, je suis tellement fatigué. J'ai une grosse envie de dormir. Je m'assoupis. J'entend le mec qui fait du bruit et semble surpris et lance des sacres mais avec une voix brisée. Il se ramasse, me jette un regard et voit mon soulier. Il s'en va apparemment vaincu pour le moment...

Lambeau 8 Shred 8

Le lendemain matin, la femme monte voir. Elle voit quelque chose sur le sol au pied du lit. Elle ramasse et me momtre une dent. Elle me demande de voir mes dents. Elle éclare laconiquement: «il a perdu une dent».

Lambeau 9 Shred 9

Au cours des jours/semaines suivants, je m'amuse à me taper doucement sur l'arrière de la tête pour avoir ma vision toute blanche. Elle revient toujours avec un effet fondu-enchaîné assez cinématique. Je dois taper de plus en plus fort pour obtenir cet effet, puis un jour, ça ne le fait plus.
Un soir, trois mecs viennent dans la chambre m'agacer et tout semble drôle pour un temps. Puis soudain, l'un d'eux me donne un coup sur la tête, assez fort pour m'assommer. Une chance que j'ai encore le casque. Je fais comme si je suis complètement assommé et m'écrase au fond du lit, la tête basse proche du mur comme protection. Une femme plus bas crie quelque chose qui fait sortir mes grands vilains de la chambre non sans avoir des regards rieurs et moqueurs à mon endroit. Ouf! Encore des tueurs! Je constate que le blanc est de retour en me tapant la tête mais ça me fait pas mal plus mal qu'avant. Je cesse ça pour de bon.

Lambeau 10 Shred 10

Le lendemain, l'arrière de ma tête fait moins et c'est supportable. Je sens mon cou qui reste humide. J'ai beau m'essuyer, ça reste humide. Je me lave les mains très propre. Puis je touche. C'est clair comme de l'eau. Je suis la source de l'eau, d'une touche à l'autre et remonte où mon crâne était fracturé. Je n'ose pas aller trop proche.

Un peu plus tard, je demande à une copine française de regarder sans toucher et de me dire d'où ça vient. Elle me dit que ça sort d'un trou dans la tête. (!!) Je dois retourner voir le docteur/hôpital.

Lambeau 11 Shred 11

À l'hôpital, l'infirmière m'installe dans un lit et fait venir le médecin. C'est le même qu'avant et il est apparemment choqué de voir ça. Ils ne parlent qu'anglais et j'essaye de leur mimer avec mes mains ce qui s'est passé. Je l'entend dire «fall?». Je crois qu'il veut dire des mauvais gars, alors je fais signe de trois avec mes doigts. Il est choqué. Je lui montre que je suis choqué aussi... Il prépare une autre opération.

Lambeau 12 Shred 12

Après, une visiteuse ou une autre infirmière, française cette fois, me demande un peu comment c'est arrivé. On ne tombe pas trois fois. Je lui que je me suis laissé tomber une fois pour me protéger la tête. Il y a eu trois gars qui m'ont attaqué. Elle me demande pourquoi j'ai dit «tombé trois fois» au docteur. Non, je n'ai jamais dis ça. J'apprend alors que «fall» veut dire une chute ou tomber. Je lui raconte plus en détail. Elle me dit des mots en anglais pour ne pas me tromper.

Le médecin revient et j'ai l'occasion de dire mieux. Il ne comprend pas un mot de français on dirait. Je dis «attacked, three bad guys, one fall, head, wall». Il est dur de comprenure mais la femme bilingue lui explique bien ce que je veux dire. Finalement, il comprend et s'en va. La femme me dit qu'il va appeler la police. Je répond comme quoi la police est imbécile et incapable normalement. Elle me répond que la police anglaise est bonne, mais je suis sceptique.

Lambeau 13 Shred 13

Beaucoup plus tard, peut-être l'année suivante, pop me dit qu'«ils» (la police probablement) ont trouvé un soulier ensanglanté dans les bois pas loin. Ils auraient trouvé un suspect. Celui-ci aurait aussi perdu plusieurs dents du côté gauche. Ce mec prétend que ses bottes/souliers avaient été volés.

Lambeau 14 Shred 14

J'ai raconté l'histoire plein de fois mais ça ne compte pas. Je suis outragé! Pourquoi faut-il que ce soit dit devant un tas de monde pour que ça compte? C'est pas le monde, c'est le juge, qu'on me dit. Système fou!
Une femme qui ressemble à mom (encore?), une cousine je dirais, vient me voir seul. Elle me dit que je dois dire que j'ai tout inventé sinon mes parents vont se faire tuer. Hum, vraiment? Je pourrais avoir mes parents morts en disant la vérité? Elle voit que ça ne me fait pas de froid. Elle s'intéresse plus à moi, me pose plus de questions. Et puis elle dit que mon frère serait aussi tué, évidemment. Toute ma famille sauf moi, quoi? Toi aussi mon petit, qu'elle dit. Ça devient absurde! Pourquoi tu me tue pas tout de suite, tiens?! Souviens-toi de ce que je dis qu'elle répond et elle part.
Le jour du procès, on m'amène devant tout le monde derrière une sorte de bureau. La salle s'emplit rapidement et soudain je vois la dame aux menaces sur la première rangée qui s'installe avec sourires pour les autres et un regard fronceur vers moi. Je me sens mal.
Lorsque l'on arrive enfin à moi, j'ai le coeur qui bat maintenant et je vois la dame qui fronce au maximum. Je prend peur et je me dis qu'ils vont trouver bizarre que je change l'histoire cette fois et ne vont pas le croire. Alors je dis que j'ai tout inventé. La dame se met a rigoler et tout le monde est choqué. Lorsque les gens se préparent à partir et que je suis encore là, je vois que la dame a déjà fichu le camp. Merde! Je me suis fait avoir. Je crie alors bien haut que ce que je viens de dire est faux et que tout ce que j'avais dit avant était vrai. On me force à sortir de là et me dit que ça ne compte pas. Trop tard. À mon tour d'être choqué. Qu'est-ce que c'est que ce cirque? Je ne joue pas, moi.

Lambeau 15 Shred 15

Je suis à la barre pour le procès des trois mauvais garçons sans comprendre. On ne m'explique rien. Cette fois, il y a comme un mur, un paravent qui m'empêche de voir les gens, mais je peux voir les accusés. Il y en a deux que je reconnais mais pas le troisième. On (avocat) me demande si je sais où sont mes attaqueurs en ce moment. Je répond oui, justement, (comme une coincidence) il sont là (en les pointant du doigt). Oui, je suis de ces deux là, mais je n'ai jamais vu le troisième...

À un moment, je déclare haut et fort qu'on ne peut pas tuer le troisième parceque j'ai un doute, je ne l'ai jamais vu.... On m'explique plus tard qu'ils vont seulement aller en prison et non se faire pendre. Ben, alors, j'ai encore gaffé. Le troisième est déclaré non coupable et est libéré à la fin à cause de ce que j'ai dit malgré les autres évidences. Il a un sourire ricaneur à ce moment là. Mais était-il un des attaqueurs? Un homme (avocat, probablement) me dit que celui que j'avais mal ou pas vu le soir de l'attaque était celui qui m'a frappé par derrière. C'est pour ça que je ne le reconnaissait pas. Les autres le cachaient et me distrayaient pour l'attaque. Ben là je suis déçu de moi-même d'avoir laissé le plus coupable s'en sauver. C'est une injustice.

Lambeau 16 Shred 16

Plus tard de quelques jours (je crois), un homme me dit qu'ils savent qui était l'autre attaquant. Il me demande si je veux lui faire quelque chose. Ben oui, évidemment, mais quoi faire? Faudrait que ce soit pire que les deux autres pour être juste. (blanc de mémoire) Je finit par suggérer que s'il m'attaque encore, je vais pouvoir me défendre. Et le meilleur endroit serait sur le trottoir avec une grosse pente.

Lambeau 17 Shred 17

Quelques jours de plus, je monte la grosse pente avec un gars qui ressemble pas mal à mon attaquant qui me suit. Je m'arrête pour lacer un soulier. Il me prend les hanches. Je lui prend les chevilles et recule un peu. Il tombe vers l'arrière et ne se protège pas bien. Sa tête cogne. Il est inconscient sur le trottoir. Il n'est pas mort et ne saigne pas. Je suis satisfait comme ça et m'en vais.

Lambeau 18 Shred 18

J'apprend qu'un mec est mort sur le trottoir. Je demande si c'est le mec qui m'avait attaqué avant. On n'est pas au courant. J'essaye de me renseigner car j'ai soudain des doutes sur la personne et je ne comprend pas comment ça a pu le tuer. Ça me ronge plusieurs jours et je demande à tout le monde. Un jour, finalement, une fille plus grande que moi dit que c'était mon attaquant. Je lui cours après pour la remercier mais elle se sauve plus vite. J'ai encore des doutes. Mais je suis rassuré pas mal quand même. Je ne me suis peut être pas trompé.

Lambeau 19 Shred 19

Beaucoup plus tard encore, pop m'explique qu'il y a un système de cours pour faire appliquer les lois. Les lois ne s'appliquent pas toutes seules, voyons, tu le sais. Je ne sais plus ce que je sais. Un mec qui en tue plus qu'un devrais être tué, il me semble. Un tueur d'enfant en plus. Pop n'en dit plus trop car il est dans ce bateau lui-même, je le sais. Les eaux sont troubles par ici...
Plus tard, mom reprend le sujet pour savoir ce que j'en pense. Les deux mecs tueurs ont été bien identifié et ils suggèrent de tuer S. P est supposément interdit de tuer. Mais moi, je sais que c'est P le plus coupable. J'aurait pu me sauver de S. S ne savait pas qu'il s'agissait d'un meurtre dès le départ (quoiqu'il ait aidé par la suite). On ne peut as tuer S sans tuer P d'abord. Et je dois vérifier. Connaissant les tueurs, ils tueraient un autre qu'ils veulent mort en me disant qu'ils ont tué le bon. On arrive à être d'accord. Je vais voir le suspect et décider s'il est à tuer ou non.

Lambeau 20 Shred 20

Toujours encore plus tard, qui pourrait être deux ans après le double meurtre initial, on est en montagne. Sur les marches de l'escalier, un mec est assis. Pop me jure que c'est lui. Va le voir, pop me dit, il est gentil. Gentil là mais il va me tuer dès que tu as le dos tourné. Non, non, je vais tout surveiller, qu'il répond.
Je vais prudemment vers lui et il me lance un gros sourire et m'invite à s'assoir à côté de lui. Il a un gros chien couché à ses côtés. Il parle français! Il me demande si je sais comment s'appelle la chaîne de montagne devant nous. Je dis non. Il me dit de regarder le profil des montagnes au sommet là. Je regarde. Et là il me dit de regarder les dents du chien. Hum, c'est spécial, le profil correspond pratiquement exactement au profil des dents du chien. La chaine de montagne s'appelle «dents de chien». Je trouve ça génial. Nom très approprié.
Après cette rencontre, pop me demande si je l'ai reconnu. Je n'en suis pas sûr. Je n'arrive pas à être assez certain pour autoriser de le tuer. Je ne veux pas me tromper. Pop réplique qu'il n'y a pas d'erreur, c'est bien lui, alors? Mais je n'ai pas tant de confiance en pop (pour de bonnes raisons) alors je dis non pour le moment. Faudrait le surveiller pour voir s'il tue d'autres. Pop demande alors, tuons le deuxième. Mais je réplique qu'on en a déjà parlé et si le premier n'est pas tué, c'est pas juste de tuer le deuxième.

Epilogue Afterword

Voilà donc des souvenirs si bien enfouis qu'il a fallu des années pour revenir petit à petit. Durant la période d'écriture (une semaine, à temps très libres), certains détails me sont revenus (une nuit en particulier). Il est possible que d'autres détails me reviennent, surtout si d'autres personnes arrivent avec des détails supplémentaires.

Comme j'ai dit au départ, j'ai côtoyé les trois personnes vivantes impliquées séparément. J'ai habité deux ans dans un motel, le Golden Arms, avec W. Je l'ai su vers la fin, lorsqu'on était les deux derniers à y vivre. Tous les logeurs étaient partis après que la gérante soit partie aussi. Il était comme un fantôme. Je l'ai rencontré le premier coup lorsque la bouilloire d'eau chaude au propane a pris feux. On avait arrêté le feu. J'avais compris comment le système fonctionnait et je pouvais connecter le système avec une deuxième alimentation au propane qui n'avait jamais encore servie. La période de temps sans chauffage avait fendu des tuyaux sur l'aile du motel où on n'habitait pas. J'avais compris la tuyauterie avec certains détails que la gérante m'avais montré. Alors je savais quels tyaux couper pour isoler l'aile habitée par nous de l'aile aux tuyaux fendus. Il s'est occupé de couper le tuyau et le fermer à la soudeuse. On a pu continuer à rester là jusqu'au démollissage illégal. En tout cas, le motel se faisait démolir depuis une semaine avant que je puisse déménager au complet. J'ai dû acheter la porte de ma chambre pour 5$ pour la garder!
W est mort maintenant depuis quelques années de cause naturelles. Je ne lui en ai jamais voulu puisqu'il m'avait sauvé la vie sans le savoir, en fin de compte. Je ne l'ai identifié que le jour de sa célébration de vie organisée par sa soeur. On y a appris qu'il voulait entrer dans l'armée, mais avait été refusé pour raison médicale. Cela l'avait profondément déçu. Il a décidé de quitter l'Ontario peu après pour s'installer dans l'ouest. Il avait un coeur fragile qui l'empêchait de faire trop d'efforts. Un déclic.
Autre chose durant cet événement a fait déclic. Une chose vécue, très jeune. Un jour de sa fête je crois. Et mom m'avait dit qu'il avait un nom comme Batman et Superman. Wayne Clarke.

Celui qui a confirmé hors de tout doute récemment? S était grand mince et jeune aussi. Scott Watwood un jour avec une autre personne au décollage du mont 7. Il m'a dit un détail que seules les deux autres personnes là pouvaient savoir. C'est d'ailleurs surprenant que je le sache aussi puisque c'est arrivé après que je sois mort. Il a nommé P et ça m'a surpris. D'abord qu'il le nomme et ensuite que je le connaisse bien. Prochain paragraphe.
Scott fait du parapente et est arrivé au site après que P ait abandonné le sport. Il a fait beaucoup de vols biplaces pour profits avec un partenaire. Il a aussi fait des efforts de vols distances quelques années. Il est chargé du site de décollage et était représentant ACVL pour la Colombie-Britannique au moment de son aveu.

Le patron était P. J'ai connu P (sans le reconnaitre) avant les deux autres. J'étais inscris au programme Ph.D. de biology cellulaire de l'université de Calgary début 90. P venait récemment d'apprendre le vol libre delta chez Muller. Je faisait les compétitions de vol libre dans l'ouest ces étés. Évidemment, j'ai rencontré P qui voulait développer le site ici à Golden. J'ai trouvé le site très prometteur et y venait souvent les fin de semaines pour des vols extraordinaires la plupart du temps.
En 94, fatigué des études, mais pas du vol libre, je suis venu à Golden pour un été de vols qui est mon meilleur à date. P était d'une grande aide en fournissant souvent des montées et un numéro de téléphone pour les récupérations longues. Je n'ai pas voulu repartir par la suite. De plus, des souvenirs de l'endroit ne cessaient de revenir.
Je ne suis pas certain quand il m'a reconnu. Il a dû se rendre compte que moi, je ne l'avais pas reconnu. Par contre, d'autres villageois m'ont aussi reconnus et essayaient probablement de me rafraichir la mémoire. Comme la fois où quelqu'un m'a dit qu'il avait essayé de me tuer. Mais était-ce une fois récente? (À Calgary, mon auto avait été sabotée pour causer un accident dont j'ai échappé de justesse. Un pneu déchiré seulement. Une autre personne est suspecte de ce sabotage à cette heure.)
Une fois, en petite réunion locale, un libériste nous dit que P est le baron local du cannabis. Silence. Je les examine lui et P. Ils restent cois. Je réplique qu'on n'est pas ici pour ça et on continue avec le projet. Vu que je n'ai jamais vu ni senti P avec ces odeurs, j'ai considéré cela dur à croire et pas pertinent. Et puis, qui est contre le cannabis? Ils peuvent bien en manger s'ils veulent. C'est moins puant.
P a eu une belle célébration de vie, plus grosse que W. On y a appris qu'il avait fait de la porno peu de temps après avoir émigré d'Angleterre. Peu après, sa femme m'a demandé de lui faire un site internet avec des textes et photos. Il écrivait des histoires pour le ski et pour le vol libre. Assez intéressant à lire.
Une fois identifié par Scott, j'en ai parlé. J'ai contacté la police. Un jour, une année suivante, sur le décollage, quelqu'un déclare avec respect que j'ai (moi) dompté («tamed») P. Tout de suite l'autre présent rétorque que non, ce sont eux («us») qui l'ont dompté. Comme quoi il y avait pas mal de monde au courant de ses activités souterraines. Mais nul savait tout.

Premier jet terminé le 6 mars, ajouts le 10 avril 2021 © Serge Lamarche

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