Lambeaux de mémoire Shreds of memory

Seins et Soeurs Bosoms and nuns

Préface Foreword

Certains souvenirs très vagues me sont revenus après avoir écrit le premier souffle. Le plus difficile avec ces souvenirs, c'est de les placer en ordre chronologique. Ils ne sont pas bien datés et il est très possible que je mélange certains bouts d'histoire avec d'autres qui n'ont rien à voir. Et en plus, je n'ai pas toujours de bonnes évidences que les souvenirs sont réèls. Ici je rapporte des segments qui ont du sens ensemble, mais je suis incertain.

to come.

Lambeau 1 Shred 1

J'ai mal partout. Une grande me prend et m'emmitouffle bien serré dans des linges et je me sens beaucoup mieux. J'ai assez chaud, je peux respirer et voir. Je suis si épuisé. Je veux dormir. On me réveille pour me faire avaler un liquide chaud. J'ai les paupières lourdes.

Lambeau 2 Shred 2

Ca bouge et ca pue. Une odeur bizarre, des relents * me viennent au nez et me donnent le tournis. Tout bouge. Des bruits stridents. Une grande me transporte quelque part. Elle semble bien. Toutes ces choses étranges semblent normales pour les grands. Les mouvements me font du bien et me fatiguent. Je ne peux pas résister au sommeil.

Lambeau 3 Shred 3

Une grande me transporte. On arrive à un endroit différent. Les sons sont différents. Les grands parlent moins fort. Je dirais des chuchottements surtout. Une voix très douce, très plaisante, très appaisante, apparaît. De longues explications. Je n'y comprends rien en ce moment. On semble arrivé quelque part de paisible, fini les bruits stridents et les senteurs malodorantes. La douce me prend et m'ammène dans une autre chambre. C'est plein de surprises, ici! C'est une chambre pleine d'alvéoles. Je crois avoir aperçu des petits. Je ne suis pas seul petit! On rassemble les petits ici. Pas de doute, il y a une accumulation.

Lambeau 4 Shred 4

Les alvéoles sont couvertes. Je me trouve dans l'une d'elles. Très étrange comme toujours. Il semble y a voir un rythme. Des chants doux provenant d'une autre chambre me parviennent. Durant ce temps, la chambre aux alvéoles est plus tranquille. De temps à autres, j'entend d'autres petits faire des bruits ridicules et aigus. Je le sais car les sons prennent leurs sources d'autres alvéoles. D'autres mauvaises odeurs arrivent aussi à l'occasion. Ca n'a pas beaucoup de sens pour le moment mais je réfléchis à tout ca.

Je remarque que la grande douce parle à d'autres grandes et disparait. Ces autres grandes prennent certains petits, chacun son tour. J'en suis inquiet jusqu'à je me rende compte que les premiers pris sont retournés aussi les premiers dans leurs alvéoles. Justement, voilà une grande qui me prend.

Ben je me retrouve avec quelque chose dans la bouche. Rien à faire que de suçer. Ce liquide chaud n'est pas mal. Le goût est different. De bonnes odeurs me parviennent et une grande satisfaction l'accompagne. Quel traitement agréable!

Lambeau 5 Shred 5

Les nouvelles mauvaises odeurs viennent d'en bas. Une matière gluante sors du bas et pue! Pouah! C'est tolérable quand c'est mon bas, mais c'est terrible si je sens ca d'une autre alvéole. Les sons stridents ridicules sont émis en rapport avec cette matière puante. Des grandes viennent lorsque ca arrive et font un nettoyage. C'est toujours réconfortant. Et une très plaisante odeur accompagne le tout.

Depuis le temps, je commence à comprendre ce qui se passe. Il y a des choses qui reviennent à intervalles réguliers, une routine. Puis il y a des chose qui reviennent moins régulièrement. Les chants font partie des choses régulières. Le jour et la nuit aussi. Les grandes qui vont et viennent, aussi. Mais pas les arrivées de la matière puante. Celles-là viennent plus souvent et au hasard. Pas au hasard mais plutôt dans une période plus longue. Une chose me frappe. Pendant les chants si doux, j'ai tendance à m'endormir et je ne sens pas la présence de grande dans la chambre. Un de mes voisin alvéolé va lancer ses sons stridents et aucune grande ne va répondre. Ses cris sont forts puis faiblissent. On sent un découragement. Je ne ressens pas cela moi-même, mais je comprend qu'on nous abandonne pendant les chants. Après les chants, une grande vient voir. Je sors mon meilleur cri et j'en suis plutôt content. Il est fort et bien senti mon cri. Un seul autre petit me rivalise. La grande se précipite à moi. C'est un bon signal, je vois. Elle s'occupe de moi mais j'essaie de lui faire comprendre que c'est l'autre qui a besoin d'un nettoyage, sans succès. Elle me remet dans mon alvéole et se prépare à partir. Je fais un cri. Elle s'arrête. Elle repars. Je fais un autre cri. Elle s'arrête. Elle repars. Je fais un autre cri. Cette fois elle part quand même. J'essaye d'encourager mon voisin découragé à faire des cris. Lorsqu'il crie, je crie aussi un peu. Ca marche. Il augmente son cri.

Lambeau 6 Shred 6

Je suis un peu dépité de ces abandons réguliers. La senteur gluante n'arrête pas pendant les chants. Je remarque que les grandes font un bruit différent pour nous assoupir et nous faire taire. Un son «chhhhhhhh...chhhh.chhhh». Intéressant. Encore plus intéressant quand je me rend compte que je suis capable de l'imiter. J'essaye avec un voisin pendant un chant. «chhhhh...chhhh» et il se calme. Ca marche!

Les cris sont inutiles pendant les chants. Les grandes ne viennent pas. Alors je fais le son calmeur pendant les chants et lorsque les grandes approchent j'encourage les cris avec les miens. Tous les autres alvéolés semble suivre mon idée. De plus en plus et avec moins d'efforts de ma part. Un autre alvéolé va jusqu'à faire ce que je fais moi-même et me fais le son «chhhhh» une fois. Il n'y a avait pas de chants, alors j'étais un peu contarié. Quand même. On pourrait avoir un meilleur service.

Lambeau 7 Shred 7

J'aime bien ce liquide chaud qu'on nous sert. Les melons de chairs qui en dispensent semblent placés de chaque côté de certaines grandes spécialisées dans ce service. Ils sont de toutes les grandeurs et beaucoup de couleurs. Ces grandes sont plus facilement reconnaissables par leurs couleurs de poils sur la tête, que j'appellerai cheveux. Il n'y a pas que les melons qui varient. Les grandes elles-mêmes ne sont pas de mêmes grandeurs. Plus encore, le goût varie grandement et même leurs odeurs. Une plus petite en particulier produit un lait d'un goût sublime, mais en petite quantité. Par contre, une grosse blonde aux melons bien remplis produit un lait pas très bon mais en quantité immense. J'en ai le bedon plein rien que d'y penser. Bleh. Je préfère la petite au cheveux noirs. Dommage qu'on s'est perdu de vue.

Lambeau 8 Shred 8

Je realise qu'un de nous appelant de l'aide avec nos cris ou pleurs fonctionne mais que deux à la fois fait fureur. J'ai un plaisir fou à crier dès qu'un autre le fait. Hop, aide arrive. Sauf durant les chants. Lentement mais sûrement, j'amasse du support des autres alvéolés. On synchronise de plus en plus nos cris et des «chhhhh» dès que l'aide arrive synchronise nos silences.

Un matin durant les chants, on se synchronise très bien. Si bien qu'on crie tous à la fois. Et que voilà? Les chants s'arrête subitement et toutes les grandes arrivent en même temps. La grande très douce qui parle à toutes les autres, remarque quelque chose en me voyant et décide de m'apporter dans une autre chambre * . Elle s'occupe de moi séparément des autres par la suite. C'est que j'ai envie de les voir moi, les autre alvéolés. Zut. La vue est différente ici mais c'est plate, en fin de compte. Après quelques jours, je crois entendre «...ils sont revenus à la normale». Le ton et les sourires suggèrent que c'est une bonne chose.

Lambeau 9 Shred 9

La très douce que j'aime bien maintenant me confie à une autre. On me prépare encore pour un voyage. Encore un départ. Vais-je la revoir un jour? J'ai un pincement terrible au coeur.

Me voilà encore dans cette grosse machine puante et brassante. Le temps passe lentement. Est-ce qu'on retourne vers d'où je viens au départ? Je ne sais pas. Les sons, les odeurs me semblent différents. Non, il semble que non. Quelle incroyable aventure je dois subir. Je préfère rester au même endroit mais je sens que l'aventure pourrait améliorer ma situation. Je suis inquiet et plein d'espoir à la fois. L'espoir l'emporte par déduction. Ca va de mieux en mieux et je n'ai plus ces douleurs partout.

Epilogue Afterword

Vous aurez deviné que la machine puante, bruyante et brassante était le train. Ma mémoire est floue au début, puis plus précise. Ces souvenirs me sont revenus l'hiver dernier pour la plupart. Que des bouts séparés. Puis, il m'a semblé être bébé dans tous. Alors il semble très probables qu'ils soient reliés. De plus, je commence à avoir une idée générale de ce qui s'est passé avec toutes les informations que j'ai accumulé au fil des ans. Je ne sais pas avec certitude. Je me souviens d'une tante à la voix et aux manières très douces que j'aime beaucoup mais ne voit pratiquement jamais. Elle est directrice d'un couvent. Je me souviens la revoir pour une semaine ou deux quand j'étais encore bébé à la suite d'une dispute avec mes parents, je crois. J'ai même une photo dans mon album, prise le jour ou on m'a rendu à mes parents. Je me souviens très bien avoir essayé de retourner avec cette tante mais que mes parents m'aient retenu de force. Plus étonnant encore, j'ai vu cette même photo à la fin d'un film Hollywoodien, sauf que les visages des acteurs étaient collés à la place de ceux de mes parents. Il y a probablement plus d'histoires derrière tout ca. J'en sais quelque chose. Si je pouvais seulement mieux m'en rappeler...

Premier jet le 21 nov 2012 © Serge Lamarche

Codes © Serge Web Service